(Suite de À table avec des athées)
À force de lire, je me suis rendu compte que, tout comme dans le monde évangélique, parmi les penseurs athées et agnostiques, il y a toute sorte de branches qui en découlent! Il y a des penchants plutôt philosophiques avec des divergences. Il y a des penchants scientifiques avec des divergences. Même la communauté scientifique athée et/ou agnostique ne s’entend pas pleinement sur les manières d’expliquer l’inexistence de Dieu ni sur les manières de définir les implications de l’inexistence (ou même de l’existence) de Dieu.
En fin de compte, quoi que je ne partage évidemment pas toutes les conclusions, j’ai tout de même maintenant beaucoup plus de respect et de compréhensions à l’égard de ceux qui n’arrive pas à accepter l’existence de Dieu, quoi que soit leurs raisons. Il y a peut être la tendance chez les chrétiens à s’imaginer que ceux qui rejette l’existence de Dieu sont tous des rebelles et des gens qui doivent forcément être misérable dans leur vie! Toutefois, rappelons-nous que parmi la communauté chrétienne il y a bien des gens misérables et rebelles aussi. Il y a des croyants extrémistes tout comme il y a des athées extrémistes. Il y a des croyants un peu zoin zoin tout comme il y a des athées un peu zoin zoin. Par contre, en général, d’un côté comme de l’autre, il y a des individus normaux qui cheminent dans la vie. Alors nous n’avancerons à rien si nous n’arrivons pas premièrement à respecter ceux qui à ce point-ci dans leur vie pensent que Dieu n’existe pas. Certains arguments sont raisonnables et compréhensibles à première vue. D’autres moins.
En ce qui me concerne, j’ai été particulièrement intrigué par les raisons qui pousseraient un pasteur évangélique à abandonner la foi pour devenir athée (une personne qui affirme l’inexistence certaine de Dieu jusqu’à preuve du contraire), ou pour certain agnostique (une personne qui prétend qu’il n’est pas possible de savoir si oui ou non Dieu existe. Donc, Dieu n’existe probablement pas ou, s’il existe, ça ne doit pas être très important puisque ce n’est pas évident ni possible de le démontrer). L’emphase dans les livres est sur les raisons intellectuelles qui ont amené ces pasteurs aux conclusions qu’ils racontent. Des doutes qui les ont menés à une poursuite de réponses et, pour diverses raisons et de différentes manières, cette quête les ont menés à la conclusion que leur foi était fausse. Je crois qu’ils ont tort. Ils ont particulièrement tort dans cette dichotomie quasi absolue qu’ils font entre la foi et la raison, entre la religion et la science, et entre le naturel et le surnaturel.
Voici quelques citations expliquant un peu les raisons qui ont conduit ces pasteurs à prendre la décision qu’ils ont prise :
“I did not lose my faith – I gave it up purposely. The motivation that drove me into the ministry – to know and speak the truth – is the same that drove me out. I lost faith in faith. I was forced to admit that the bible is not a reliable source of truth : it is unscientific, irrational, contradictory, absurd, unhistorical, uninspiring and morally unsatisfying.” – Dan Barker, Godless : How an Evangelical Preacher Become one of America’s Leading Atheists
“When we seek for a cause of it all …. We may even have to say, like I had previously said, that it cannot be figured out with reason, and initially it can’t. But when we reflect on why we can’t figure it all out, the best reason I can offer is that random chance events can’t be figured out by hindsight, because there is nothing but chance to account for them. So in the end, I do have a reason for what I believe. Nature is ultimate. According to the late Carl Sagan, « the cosmos is all there is, was, or ever will be. » According to Bertrand Russel, the universe is simply « a brute fact. » I am an atheist. There is no God. And there is at least one reason for me not to believe in God, and that is because this universe is absurd when we try to figure it out. Any attempt I know of to figure it out fails, except the conclusion that it arose because of chance. According to Jacques Monad, « our number came up in a Monte Carlo game. » …… I think the default position is (soft or weak) agnosticism, which simply says, « I don’t know. » That’s right; I don’t know what to believe after rejecting all religious viewpoints. I could even concede that there is a God, a deist god, a philosopher’s god. But as I said, such a distant god is practically no different than none at all. That’s why I’ve chosen to be an atheist, since it makes no difference to me even if a god does exist. But I could be wrong, and I admit it …. Surely if God exists, he knows what it would take for us to believe. So why doesn’t he do what it takes? … this problem is best explained by the fact that God doesn’t even exist … everything I have examined so far has failed to provide a satisfying answer, except atheism.” – John W. Loftus, Why I Became an Atheist : A Former Preacher Rejects Christianity
“I oppose the Christian Church because, for all the good it sometimes does, it presumes to speak in the name of God and to propound and advocate beliefs that are outdated, demonstrably untrue, and often, in their various manifestations, deleterious to individuals and to society …. I was beginning to question the Christian faith … I am a former Christian minister who is now an agnostic.” – Charles Templeton, Farewell to God : My Reasons for Rejecting the Christian Faith
Ces quelques citations en disent long. Ce qu’elles ne racontent pas autant toutefois sont les raisons derrière les raisons. Est-ce qu’ils ont été propulsés dans cette direction simplement pour des raisons « intellectuelles »? J’en doute. Mais que ce soit le cas ou non, nous pouvons très bien interagir avec leurs arguments. Même si en les lisant elles peuvent par moment nous sembler convaincantes, en fin de compte, elles ne sont pas aussi solides qu’ils le prétendent. Du moins, comme le dit bien Tim Keller, ils doivent être prêts à soumettre leurs arguments au même processus critique auxquelles ils exigent que nous soumettions les nôtres.
À suivre…